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Biographie
Nabil Boudarqa

BIOGRAPHIE

Né à Casablanca en 1986

Nabil Boudarqa a obtenu son baccalauréat - option Arts Appliqués - en 2008 dans sa ville natale.
Il a ensuite entamé des études cinématographiques à l’Institut Spécialisé dans les Métiers de Cinéma à Ouarzazate et y a obtenu son diplôme en 2010.

Nabil Boudarqa est un artiste multidisciplinaire qui travaille à la fois et de façon intense et soutenue, le Dessin, la Peinture et la Photographie...
L’univers de Boudarqa est peuplé d’une multitude d’images qui se bousculent, s’enchevêtrent et l’accaparent de tout son être. L’artiste ressent ensuite le besoin impérieux de leur donner une seconde vie, de les restituer à l’identique.

Une fois cet accouchement opéré, il entreprend de trans gurer son œuvre originale en la recouvrant de plusieurs couches de peinture, jusqu'à la faire disparaitre. Et en dernier lieu, Boudarqa s’attèle à retrouver son œuvre originale, qu’il a enfouie. Il l’exhume, elle reste à moitié effacée et nous la livre...

La démarche artistique de Boudarqa obéit à un cycle qui ressemble étrangement à celui qu’expérimente l’Homme tout au long de sa vie.
Boudarqa prétend être objectif et neutre quant aux images qu’il reçoit et nous donne à voir (en peinture ou en photo).

Mais c’est bien de son univers intérieur qu’il s’agit. Les thèmes qui s’imposent à lui à travers les images qu’il capte, sont ceux qui touchent son affectif, sa sensibilité, son monde et univers personnel.
   
Tania Chorfi Bennani-Smires
Sociologue de l’Art
Commissaire d’Expositions
 

PRINCIPALES EXPOSITIONS :
2018 :
- Exposition Individuelle “Sans Titre” à la Galerie THEMA, Casablanca
2017 :
- Rencontres Photographiques de Rabat, à la galerie de la fondation CDG et la galerie BAB ROUAH, Rabat.
- Exposition Individuelle dans l’espace “POURQUOI PAS MOI“ à la Villa des Arts , Casablanca.
2016 :
- Exposition Collective “DES MAINS ET DES PAPIERS”, au café littérair et galerie Dar cherifa ( a l’occasion de la COP 22 ) , Marrakech.
- Exposition Collective “DE RIVE A RIVE”, à l’instituto cervantes, Marrakech.
- Exposition Individuelle “Etats d’âme” à la Galerie Venise Cadre, Casablanca.
2015  :
- Exposition Collective “50 Ans de Peinture au Maroc 1965-2015”, à la médiathèque de la Fondation de la mosquée Hassan II, Casablanca.
  2014 :
- Exposition Collective à la galerie DAR L’KITAB, Casablanca.
- Exposition Collective Carte blanche à Hassan Bourkia “Mots, Couleurs et Matières” à la galerie de la fondation CDG, Rabat.
2013 :
- Réalisation d'une grande toile Artistique " triptyque " de 300 Mètre carré pour LE FESTIVAL CASABLANCA.
- Résidence d’artistes à (IRCAM) sous l’encadrement de l’artiste Hassa Bourkia, Rabat.
- Exposition Collective A VOS Pinceaux, espace d’art Actua d’Attijariwafa Bank, Casablanca.
- Exposition individuelle “RESURRECTION” à la galerie de la FOL, Casablanca.
2012 :
- Exposition photos des lauréats du marathon photo FNAC à la FNAC, Casablanca. 
- Premier prix au 2eme édition Marathon Photo FNAC, Casablanca. 
- Exposition Collective Ittijahat “Tendances” a la médiathèque, Casablanca.
- Exposition Collective des finalistes du la galerie Remp’Art, Marrakech.
2011 :
- Projection de 25 Photos à l’événement CASAPROJECTA, Casablanca. 
- Exposition collective Art ‘espoir au Sofitel Marrakech.
- Premier prix au 1er Marathon Photo FNAC au Festival de Casablanca.
2008 :
- Participation à la première edition du prix LYDEC pour la jeune création artistique.
- Animation des ateliers peinture au festival CASA ARTS.

ETAT D'AME :
Il y a des parties de notre corps que nous portons notre vie entière sans les voir, ne serait-ce qu’une seule fois, sauf si leurs images sont inversées dans un miroir ou dans les yeux des autres : dos, notre nuque ou notre visage, par exemple.

Ce sont des membres auxquels les philosophes n’ont pas accordé une part de réflexion et d’importance tel que l’a fait Nietzsche à propos du nez.

Je suis avec beaucoup d’intérêt les réalisations des jeunes artistes marocains dont celles de Nabil Boudarqa qui nous dévoile ses œuvres les plus récentes à la galerie Thema après son exposition individuelle à Venise cadre, il y a deux ans.
Pendant nos multiples rencontres, il s’abreuve de la discussion, donne son avis et écoute avec intelligence. Il essaie de parfaire son travail artistique et photographique en procédant à une recherche sérieuse, en restant fidèle à ses aspirations et à sa vision des choses. C’est ainsi qu’il avance dans son travail et sa recherche.

Loin des portraits, des autoportraits ou des portraits de familles et de personnalités, Boudarqa présente une série de ce qu’on pourrait appeler des pseudos portraits. Ils l’éloignent de la peinture réaliste, des postures, du décor et des couleurs, qui peuvent tous être remplacés par l’élan accompagnant la touche et du trait, parce que ce qui compte, c’est qu’il extraie vers la surface ce qui réside dans le fond, ce qui se dépose et pousse à l’intérieur, dans le creux. D’où les touches vivaces du pinceau, le griffonnage et la « gravure » du support sur lequel il dessine, comme si c’étaient des glissements de terrain se produisant entre le réel et l’imaginaire, dans les creux appliqués aux visages humains qui prennent désormais des dimensions et une densité autres.

Dans les travaux que Nabil BOUDARQA présente aujourd’hui, il y a une sorte de sévérité dans le traitement du support en papier ou en bois qui force la vie et son aspect méconnu à éclore au sein de cette destruction issue elle même de cette sévérité. Dans certains de ses petits travaux, un mouvement de transe, un chatoiement de couleurs et de traces, comme si rien n’a changé mais tout est différent.

Comme je l’ai dit, Boudarqa ne dessine pas des visages qu’il connaît, c’est seulement un prétexte, et c’est ce qui nous donne l’impression qu’il ne les choisit pas, mais préfère les affronter, en être l’antagoniste, les assembler parfois dans un seul support, dans un espace étroit, dans des coffrets de téléphones encore plus petits. Ils sont encore meilleurs quand il accentue leurs ombres. C’est ainsi que vous les voyez complètement nus, transparents, complètement réalistes comme un être humain ou comme un masque sur le sable qui ne s’est pas libéré de son agitation et de son rythme. Ceci m’a rappelé (ce n’est pas une comparaison) une phrase qui a été citée dans un entretien entre Sylvester et Francis Bacon, quand ce dernier dit en parlant du tableau intitulé Le sang de Trotsky sur un drap : « Essayant de faire un portrait, mon idéal serait de prendre juste une poignée de peinture et de la jeter sur la toile, avec l’espoir que le portrait serait là. ».

C’est ainsi que le grand travail se présentent parfois ; une seule touche suffit ; la violence et la nudité absolues. La présence de l’homme dans sa blessure et dans sa mort. En nous regardant, ces visages nous parlent de la mort, (et autrement de la vie) comme si c’était l’absolu dont nous sommes certains. Puis, d’une chair encore plus nue, plus inquiète, dans sa dérive existentielle... Nous ne voyons pas les corps, c’est comme s’ils avaient disparu dans des trous qu’ils avaient creusés. Ils soulagent une blessure et évoquent cette chose, tapie derrière chaque jeune et preste instant.

Mais notre propos, c’est la peinture. Et la mort en peinture n’est qu’une couleur, que modelage d’une couleur, un jeu, un combat contre le trait et l’espace. L’œil, le pinceau et tout le corps opèrent de même. Y’aurait-il en cela ce qui ressemblerait au sommeil, cette torpeur du sommeil qui prend les allures d’un grand et léger glissement et qui fait en sorte que ces travaux deviennent insaisissables ?

Hassan BOURKIA Ecrivain, Traducteur et Artiste Plasticien
Traduit par Mohammed LABIED

Extrait du texte « Une flamme initiale » de Hassan BOURKIA

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